Artemis 2 : chants de la Terre lointaine
Artemis 2 : chants de la Terre lointaine
© Gilles Dawidowicz / SAF pour A&C

publié le 05 avril 2026 à 16:37

487 mots

Artemis 2 : chants de la Terre lointaine

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le 2 avril, l’équipage de la première mission en route vers la Lune depuis 1972 a porté un nouveau regard sur notre planète. Par Gilles Dawidowicz, géographe de formation, vice-président de la Société Astronomique de France.


En orbite, 2 avril 2026. Moins de deux jours après avoir quitté le plancher des vaches à bord d'une fusée SLS, l'équipage de la mission Artemis 2 nous offre un spectacle saisissant. Alors que la capsule Orion poursuit sa route vers la Lune, son commandant, l'astronaute et pilote de chasse de l'US Navy Reid Wiseman, a immortalisé notre planète comme on la voit rarement.

 

Un globe de velours et de diamants

À travers le hublot, la Terre se présente côté nuit, baignée par la douce clarté d'une Pleine Lune que le photographe a dans son dos. L'astre du jour, bien que caché, n'est pas totalement absent : sa lumière dessine un fin croissant incandescent sur une partie du pourtour du disque terrestre, rappelant sa présence toute proche.

Au cœur de cette vision nocturne, l'Océan Atlantique et les côtes de l'Afrique de l'Ouest se parent de quelques scintillements. Les lumières des métropoles dessinent une carte vivante où l'on distingue notamment très nettement Dakar, Nouakchott et d'autres grandes villes du continent. Le regard remonte le long de la côte sénégalaise, survole le banc d’Arguin en Mauritanie, puis longe le littoral marocain jusqu'au détroit de Gibraltar. De l'autre côté, l'Espagne et le Portugal scintillent aussi, et l'on devine même les lueurs de l'Hexagone et de la région parisienne.

 

Des aurores australes aux confins de l'Amérique

Le voyage visuel ne s'arrête pas là. Plus au sud, vers le haut de l'image, la Namibie et sa légendaire côte des Squelettes disparaissent sous les nuages, ainsi que l'Afrique du Sud. Une magnifique aurore australe vient couronner délicatement le tout, brillant d'un vert éclatant sur le rebord, le limbe de la planète.

De l'autre côté de l'Atlantique, masquée par une épaisse couche nuageuse, la côte orientale de l'Amérique du Sud se laisse deviner. On reconnaît sans peine la pointe est du Brésil et l'État du Rio Grande do Norte, ponctués par les lumières de grandes métropoles sud-américaines. Pour parfaire ce tableau cosmique, un point brillant en bas à droite de l'image : c’est la planète Vénus, venue saluer l'équipage dans son périple. Dans sa direction se dévoile même la lumière zodiacale trahissant l’action du Soleil révélant la présence de poussières cosmiques proches de la Terre.

À cette distance, les tumultes de notre monde s'estompent. La Terre, cette oasis de vie unique dans l'immensité de l'Univers, n'est pas encore le « point bleu pâle » cher à Carl Sagan, mais une sphère vibrante de vie et de lumière. Une vision qui invite à la contemplation, en attendant que les voyageurs d'Artemis II n'atteignent leur destination lunaire.

Retrouvez la même vue sur Google Earth

 

Gilles Dawidowicz

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05/04/2026 16:37
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Artemis 2 : chants de la Terre lointaine

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le 2 avril, l’équipage de la première mission en route vers la Lune depuis 1972 a porté un nouveau regard sur notre planète. Par Gilles Dawidowicz, géographe de formation, vice-président de la Société Astronomique de France.

Artemis 2 : chants de la Terre lointaine
Artemis 2 : chants de la Terre lointaine

En orbite, 2 avril 2026. Moins de deux jours après avoir quitté le plancher des vaches à bord d'une fusée SLS, l'équipage de la mission Artemis 2 nous offre un spectacle saisissant. Alors que la capsule Orion poursuit sa route vers la Lune, son commandant, l'astronaute et pilote de chasse de l'US Navy Reid Wiseman, a immortalisé notre planète comme on la voit rarement.

 

Un globe de velours et de diamants

À travers le hublot, la Terre se présente côté nuit, baignée par la douce clarté d'une Pleine Lune que le photographe a dans son dos. L'astre du jour, bien que caché, n'est pas totalement absent : sa lumière dessine un fin croissant incandescent sur une partie du pourtour du disque terrestre, rappelant sa présence toute proche.

Au cœur de cette vision nocturne, l'Océan Atlantique et les côtes de l'Afrique de l'Ouest se parent de quelques scintillements. Les lumières des métropoles dessinent une carte vivante où l'on distingue notamment très nettement Dakar, Nouakchott et d'autres grandes villes du continent. Le regard remonte le long de la côte sénégalaise, survole le banc d’Arguin en Mauritanie, puis longe le littoral marocain jusqu'au détroit de Gibraltar. De l'autre côté, l'Espagne et le Portugal scintillent aussi, et l'on devine même les lueurs de l'Hexagone et de la région parisienne.

 

Des aurores australes aux confins de l'Amérique

Le voyage visuel ne s'arrête pas là. Plus au sud, vers le haut de l'image, la Namibie et sa légendaire côte des Squelettes disparaissent sous les nuages, ainsi que l'Afrique du Sud. Une magnifique aurore australe vient couronner délicatement le tout, brillant d'un vert éclatant sur le rebord, le limbe de la planète.

De l'autre côté de l'Atlantique, masquée par une épaisse couche nuageuse, la côte orientale de l'Amérique du Sud se laisse deviner. On reconnaît sans peine la pointe est du Brésil et l'État du Rio Grande do Norte, ponctués par les lumières de grandes métropoles sud-américaines. Pour parfaire ce tableau cosmique, un point brillant en bas à droite de l'image : c’est la planète Vénus, venue saluer l'équipage dans son périple. Dans sa direction se dévoile même la lumière zodiacale trahissant l’action du Soleil révélant la présence de poussières cosmiques proches de la Terre.

À cette distance, les tumultes de notre monde s'estompent. La Terre, cette oasis de vie unique dans l'immensité de l'Univers, n'est pas encore le « point bleu pâle » cher à Carl Sagan, mais une sphère vibrante de vie et de lumière. Une vision qui invite à la contemplation, en attendant que les voyageurs d'Artemis II n'atteignent leur destination lunaire.

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Gilles Dawidowicz



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