Latitude en passe de décrocher un contrat multi-vol
Latitude en passe de décrocher un contrat multi-vol
© Latitude

publié le 06 février 2026 à 16:00

683 mots

Latitude en passe de décrocher un contrat multi-vol

La société de lancement Latitude et la filiale WiseSat de la holding suisse WiseKey ont annoncé ce jeudi 5 février la signature d’un accord commercial pour évaluer le déploiement d’une partie d’une constellation de 100 satellites d’internet des objets. Un deal ancré dans la tendance de la gestion de la donnée en orbite.


Voilà qui devrait bientôt remplir le carnet de vol de la petite fusée Zéphyr de Latitude, en recherche d’oxygène pour assurer avec tranquillité sa montée en cadence. Le 5 février, la société rémoise a annoncé la signature d’un accord commercial pour évaluer le lancement de la constellation de satellites d’internet des objets de WiseSat.

Au total, 100 satellites sont à lancer mais Latitude a précisé à Air & Cosmos que l’accord prévoit un minimum de 5 vols dédiés, pouvant emporter chacun 2 à 3 satellites. Ce qui fait finalement une petite partie de la constellation. Le reste des satellites sera lancé par d’autres opérateurs. Reste à Latitude de faire au mieux pour sécuriser le plus de vols possibles sachant que la constellation doit être intégralement déployée d’ici 2029 inclus. Timing serré bien que le client pourrait lui aussi avoir du retard dans la production de ses 100 satellites.

Latitude en business avec les clients de demain ?

Filiale du groupe suisse WiseKey spécialisé dans la cybersécurité, la blockchain et l’IoT (Internet of Things – internet des objets), WiseSat souhaite proposer un service d’internet des objets sécurisé par satellite avec des applications dans la surveillance environnementale et la gestion d’infrastructures critiques pour des clients commerciaux et institutionnels. Les satellites intégreront « des protocoles de sécurité résistants au quantique », des solutions d’identification sûres et la protection du transfert des données. Clairement, WiseSat souhaite proposer ses services aux gouvernements en les rassurant contre toute crainte de piratage (Spoofing) ou d’interférence.

WiseSat n’est pas la seule société à être particulièrement séduite par l’écosystème français. La société émirati Madari Space de cloud spatial avait annoncé en octobre 2025 vouloir ouvrir des locaux et installer des serveurs de secours à Toulouse, en rejoignant l’accélérateur Space Business Catalyst. Et Madari Space… est un client potentiel de Latitude après avoir signé un protocole d’entente en 2023. L’effet de mode du cloud spatial et du transfert de données via l’orbite est en plein boom, avec notamment le projet de SpaceX d’un datacenter orbital à 1 million de satellites. Présent à la Middle Space Conference fin janvier, le PDG de Latitude Stanislas Maximin a préféré ce sommet à l'European Space Conference pour renforcer son lien avec les Emirats où ça fourmille de clients dans le domaine du data managment spatial.

Zephyr et le retour d’expérience du vol dédié

100 satellites à lancer, c’est beaucoup pour un micro-lanceur capable d’en emporter seulement deux ou trois. Zephyr a une capacité d’emport de seulement 200 kg de charge utile en orbite basse. Un lanceur équivalent à l’Electron de Rocket Lab, qui ne réalise aujourd’hui que des vols exclusifs pour ses clients. Cette offre limite au mieux les interactions avec les autres clients et le risque d’espionnage. En outre, ce type de service assure une meilleure précision d’insertion en orbite ainsi qu’un service à la carte pour le client. Certains opérateurs préfèrent toutes ces garanties aux lancements groupés Transporter de SpaceX.

Zephyr doit décoller d’ici la fin de l’année depuis le futur ensemble de lancement multiple du Cnes (construit sur l’ancien pas de tir Diamant), au Centre spatial guyanais, dont le chantier est en cours.

Le cas Kinéis – Lloyd’s

C’est le principal acteur de l’internet des objets à Toulouse. La société Kinéis dispose aujourd’hui de 25 satellites en orbite basse, tous mis en orbite en 5 vols Electrons exclusifs. En vue d’un remplacement d’une partie de la constellation (les satellites les plus vieillissants), des satellites de rechange pourraient être mis en orbite par Zéphyr. Un modus operandi récemment choisi par Eutelsat qui a réservé plusieurs vols Maia de Maiaspace pour renouveler partiellement la constellation OneWeb.

Kinéis continue de progresser avec l’annonce le 5 février d’un partenariat stratégique avec Lloyd’s List Intelligence, leader mondial de la data et de l’intelligence maritime. Une reconnaissance par le marché qui promet pour Kinéis, qui s’est également rapprochée de la Direction générale de l’armement l’année dernière. L’entreprise pourrait être incluse dans la fameuse « accélération de l’usage des constellations en orbite basse » annoncée le mois dernier par Emmanuel Macron ? Vu depuis Reims, c’est sans doute un client potentiel plein de confiance.

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06/02/2026 16:00
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Latitude en passe de décrocher un contrat multi-vol

La société de lancement Latitude et la filiale WiseSat de la holding suisse WiseKey ont annoncé ce jeudi 5 février la signature d’un accord commercial pour évaluer le déploiement d’une partie d’une constellation de 100 satellites d’internet des objets. Un deal ancré dans la tendance de la gestion de la donnée en orbite.

Latitude en passe de décrocher un contrat multi-vol
Latitude en passe de décrocher un contrat multi-vol

Voilà qui devrait bientôt remplir le carnet de vol de la petite fusée Zéphyr de Latitude, en recherche d’oxygène pour assurer avec tranquillité sa montée en cadence. Le 5 février, la société rémoise a annoncé la signature d’un accord commercial pour évaluer le lancement de la constellation de satellites d’internet des objets de WiseSat.

Au total, 100 satellites sont à lancer mais Latitude a précisé à Air & Cosmos que l’accord prévoit un minimum de 5 vols dédiés, pouvant emporter chacun 2 à 3 satellites. Ce qui fait finalement une petite partie de la constellation. Le reste des satellites sera lancé par d’autres opérateurs. Reste à Latitude de faire au mieux pour sécuriser le plus de vols possibles sachant que la constellation doit être intégralement déployée d’ici 2029 inclus. Timing serré bien que le client pourrait lui aussi avoir du retard dans la production de ses 100 satellites.

Latitude en business avec les clients de demain ?

Filiale du groupe suisse WiseKey spécialisé dans la cybersécurité, la blockchain et l’IoT (Internet of Things – internet des objets), WiseSat souhaite proposer un service d’internet des objets sécurisé par satellite avec des applications dans la surveillance environnementale et la gestion d’infrastructures critiques pour des clients commerciaux et institutionnels. Les satellites intégreront « des protocoles de sécurité résistants au quantique », des solutions d’identification sûres et la protection du transfert des données. Clairement, WiseSat souhaite proposer ses services aux gouvernements en les rassurant contre toute crainte de piratage (Spoofing) ou d’interférence.

WiseSat n’est pas la seule société à être particulièrement séduite par l’écosystème français. La société émirati Madari Space de cloud spatial avait annoncé en octobre 2025 vouloir ouvrir des locaux et installer des serveurs de secours à Toulouse, en rejoignant l’accélérateur Space Business Catalyst. Et Madari Space… est un client potentiel de Latitude après avoir signé un protocole d’entente en 2023. L’effet de mode du cloud spatial et du transfert de données via l’orbite est en plein boom, avec notamment le projet de SpaceX d’un datacenter orbital à 1 million de satellites. Présent à la Middle Space Conference fin janvier, le PDG de Latitude Stanislas Maximin a préféré ce sommet à l'European Space Conference pour renforcer son lien avec les Emirats où ça fourmille de clients dans le domaine du data managment spatial.

Zephyr et le retour d’expérience du vol dédié

100 satellites à lancer, c’est beaucoup pour un micro-lanceur capable d’en emporter seulement deux ou trois. Zephyr a une capacité d’emport de seulement 200 kg de charge utile en orbite basse. Un lanceur équivalent à l’Electron de Rocket Lab, qui ne réalise aujourd’hui que des vols exclusifs pour ses clients. Cette offre limite au mieux les interactions avec les autres clients et le risque d’espionnage. En outre, ce type de service assure une meilleure précision d’insertion en orbite ainsi qu’un service à la carte pour le client. Certains opérateurs préfèrent toutes ces garanties aux lancements groupés Transporter de SpaceX.

Zephyr doit décoller d’ici la fin de l’année depuis le futur ensemble de lancement multiple du Cnes (construit sur l’ancien pas de tir Diamant), au Centre spatial guyanais, dont le chantier est en cours.

Le cas Kinéis – Lloyd’s

C’est le principal acteur de l’internet des objets à Toulouse. La société Kinéis dispose aujourd’hui de 25 satellites en orbite basse, tous mis en orbite en 5 vols Electrons exclusifs. En vue d’un remplacement d’une partie de la constellation (les satellites les plus vieillissants), des satellites de rechange pourraient être mis en orbite par Zéphyr. Un modus operandi récemment choisi par Eutelsat qui a réservé plusieurs vols Maia de Maiaspace pour renouveler partiellement la constellation OneWeb.

Kinéis continue de progresser avec l’annonce le 5 février d’un partenariat stratégique avec Lloyd’s List Intelligence, leader mondial de la data et de l’intelligence maritime. Une reconnaissance par le marché qui promet pour Kinéis, qui s’est également rapprochée de la Direction générale de l’armement l’année dernière. L’entreprise pourrait être incluse dans la fameuse « accélération de l’usage des constellations en orbite basse » annoncée le mois dernier par Emmanuel Macron ? Vu depuis Reims, c’est sans doute un client potentiel plein de confiance.



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