Emmanuel Macron souhaite augmenter le nombre de capteurs en orbite basse pour le renseignement. Cela veut-il dire une nouvelle constellation satellite ? Il existe d’autres options.
En qualité de ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, Philippe Baptiste a naturellement récupéré la tutelle du programme spatial français et du Cnes, qu’il avait présidé entre 2021 et 2025. Lors d’un point presse l’European Space Conference le 27 janvier, le ministre s’est naturellement concentré sur les questions de défense et sur la nécessité d’augmenter les capacités françaises en orbite basse. Tel est le souhait d’Emmanuel Macron lors de son discours aux armées, souhait identique à la vision de l’Italien de la Suède et de L’Allemagne qui a déjà acquis des satellites radar/SAR auprès d’Iceye et Rheinmetall.
Interrogé par Air & Cosmos lors du point presse, Philippe Baptiste propose une solution à moindre coût : « on peut embarquer des capteurs sur un certain nombre de satellites déjà prévus d’être lancés qui ne sont pas des satellites d’observation ». Pour traduire : on pourrait mettre des capteurs à bord d’une partie ou de la totalité des 340 satellites OneWeb récemment commandés par Eutelsat à Airbus Defence & Space. À bord de ces satellites privés – dans lesquels l’Etat a investi en 2025 à hauteur de 750 M€, les capteurs seraient alors duaux : application civile et militaire. Certains bruits de couloir parvenus à nos oreilles suggèrent que cette solution est déjà à l’étude, et pas seulement pour embarquer des charges utiles secondaires optique, mais aussi hyperspectral ou de renseignement électromagnétique.
L’avantage est avant tout la résilience : si on disperse les charges utiles stratégiques à bord d’une partie des OneWeb sans préciser lesquels, il sera impossible pour un ennemi de neutraliser l’apport en image sans neutraliser le réseau tout entier. L’autre avantage est que la production de OneWeb est sur le point de commencer et que la France pourrait alors disposer très rapidement (dès 2027) de capteurs supplémentaires.
Bien sûr, ce n’est pas la recette miracle, seulement une augmentation en mode « on fait avec ce qu’on a ». Certes certains capteurs peuvent être très efficaces tout en étant miniaturisés à l’instar de l’ingénieux système de géolocalisation mono-satellite d’un signal électromagnétique en mer développé par Unseenlabs, qui tient dans un cubesat (nanosatellite) de 8kg. Mais de manière générale, la résolution de ces charges utiles sera faible. Autre problème, il sera difficile pour un satellite d’embarquer un radar/SAR en charge utile secondaire. De plus la France tente de rattraper son retard dans ce domaine avec la future mission satellite Désir.
C’est une autre option, qui n’a pas été soulevée par Philippe Baptiste mais qui résonne dans les couloirs de l’European Space Conference. Les quatre satellites CO3D d’imagerie 3D sont en cours de calibration entre les mains du Cnes depuis leur lancement le 26 juillet 2025. Au cours de l’été 2026, ils passeront entre les mains de leur producteur, Airbus Defence & Space et fourniront des cartes 3D de 50 cm de résolution spatiale et de 1 m de résolution altimétrique. La surface du globe sera couverte au bout de 5 ans, avec des mises à jour régulières.
L’avantage est qu’il est possible d’accélérer la couverture globale et d’augmenter la résolution temporelle en multipliant les satellites. D’après une source, Airbus Defence & Space pourrait livrer un CO3D supplémentaire d’ici un à deux ans si on passait commande aujourd’hui. La chaîne d’assemblage des satellites est bien rôdée mais elle accueille justement aujourd’hui la production des OneWeb, dont les plateformes satellites sont similaires. Il est possible de produire dans la même ligne les deux satellites en même temps mais il faut rappeler que la conception est différente : dans le cas de OneWeb, la charge utile s’intègre à la plateforme. Pour un satellite d’observation, c’est la plateforme qui s’assemble autour de la charge utile. Les processus ne sont donc pas les mêmes.
Les deux options ont pour avantage de multiplier drastiquement les capteurs en orbite basse, ce qui permettrait de faire de la veille et du « Tip & Cue », c’est-à-dire identifier des zones à intérêt sur lesquelles on braquerait un satellite de reconnaissance très précis CSO (Composante spatiale optique), voire un drone.
Personne ne s’aventure pour le moment à suggérer que le gouvernement devienne acquéreur d’une constellation satellite d’observation à part entière. La Direction générale de l’armement deviendrait-elle acquéreuse de satellites d’observation optique de Prométhée, de satellites hyperspectraux d’Orus ou de satellites de nouvelle génération d’Unseenlabs ? La question demeure : quand seraient-ils prêts ? Leurs opérateurs sont-ils assez solides (financièrement) ? Y a-t-il assez de budget pour cela dans la Loi de programmation militaire et dans son extension ?
Emmanuel Macron souhaite augmenter le nombre de capteurs en orbite basse pour le renseignement. Cela veut-il dire une nouvelle constellation satellite ? Il existe d’autres options.
En qualité de ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, Philippe Baptiste a naturellement récupéré la tutelle du programme spatial français et du Cnes, qu’il avait présidé entre 2021 et 2025. Lors d’un point presse l’European Space Conference le 27 janvier, le ministre s’est naturellement concentré sur les questions de défense et sur la nécessité d’augmenter les capacités françaises en orbite basse. Tel est le souhait d’Emmanuel Macron lors de son discours aux armées, souhait identique à la vision de l’Italien de la Suède et de L’Allemagne qui a déjà acquis des satellites radar/SAR auprès d’Iceye et Rheinmetall.
Interrogé par Air & Cosmos lors du point presse, Philippe Baptiste propose une solution à moindre coût : « on peut embarquer des capteurs sur un certain nombre de satellites déjà prévus d’être lancés qui ne sont pas des satellites d’observation ». Pour traduire : on pourrait mettre des capteurs à bord d’une partie ou de la totalité des 340 satellites OneWeb récemment commandés par Eutelsat à Airbus Defence & Space. À bord de ces satellites privés – dans lesquels l’Etat a investi en 2025 à hauteur de 750 M€, les capteurs seraient alors duaux : application civile et militaire. Certains bruits de couloir parvenus à nos oreilles suggèrent que cette solution est déjà à l’étude, et pas seulement pour embarquer des charges utiles secondaires optique, mais aussi hyperspectral ou de renseignement électromagnétique.
L’avantage est avant tout la résilience : si on disperse les charges utiles stratégiques à bord d’une partie des OneWeb sans préciser lesquels, il sera impossible pour un ennemi de neutraliser l’apport en image sans neutraliser le réseau tout entier. L’autre avantage est que la production de OneWeb est sur le point de commencer et que la France pourrait alors disposer très rapidement (dès 2027) de capteurs supplémentaires.
Bien sûr, ce n’est pas la recette miracle, seulement une augmentation en mode « on fait avec ce qu’on a ». Certes certains capteurs peuvent être très efficaces tout en étant miniaturisés à l’instar de l’ingénieux système de géolocalisation mono-satellite d’un signal électromagnétique en mer développé par Unseenlabs, qui tient dans un cubesat (nanosatellite) de 8kg. Mais de manière générale, la résolution de ces charges utiles sera faible. Autre problème, il sera difficile pour un satellite d’embarquer un radar/SAR en charge utile secondaire. De plus la France tente de rattraper son retard dans ce domaine avec la future mission satellite Désir.
C’est une autre option, qui n’a pas été soulevée par Philippe Baptiste mais qui résonne dans les couloirs de l’European Space Conference. Les quatre satellites CO3D d’imagerie 3D sont en cours de calibration entre les mains du Cnes depuis leur lancement le 26 juillet 2025. Au cours de l’été 2026, ils passeront entre les mains de leur producteur, Airbus Defence & Space et fourniront des cartes 3D de 50 cm de résolution spatiale et de 1 m de résolution altimétrique. La surface du globe sera couverte au bout de 5 ans, avec des mises à jour régulières.
L’avantage est qu’il est possible d’accélérer la couverture globale et d’augmenter la résolution temporelle en multipliant les satellites. D’après une source, Airbus Defence & Space pourrait livrer un CO3D supplémentaire d’ici un à deux ans si on passait commande aujourd’hui. La chaîne d’assemblage des satellites est bien rôdée mais elle accueille justement aujourd’hui la production des OneWeb, dont les plateformes satellites sont similaires. Il est possible de produire dans la même ligne les deux satellites en même temps mais il faut rappeler que la conception est différente : dans le cas de OneWeb, la charge utile s’intègre à la plateforme. Pour un satellite d’observation, c’est la plateforme qui s’assemble autour de la charge utile. Les processus ne sont donc pas les mêmes.
Les deux options ont pour avantage de multiplier drastiquement les capteurs en orbite basse, ce qui permettrait de faire de la veille et du « Tip & Cue », c’est-à-dire identifier des zones à intérêt sur lesquelles on braquerait un satellite de reconnaissance très précis CSO (Composante spatiale optique), voire un drone.
Personne ne s’aventure pour le moment à suggérer que le gouvernement devienne acquéreur d’une constellation satellite d’observation à part entière. La Direction générale de l’armement deviendrait-elle acquéreuse de satellites d’observation optique de Prométhée, de satellites hyperspectraux d’Orus ou de satellites de nouvelle génération d’Unseenlabs ? La question demeure : quand seraient-ils prêts ? Leurs opérateurs sont-ils assez solides (financièrement) ? Y a-t-il assez de budget pour cela dans la Loi de programmation militaire et dans son extension ?
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